Leadership bienveillant: concept à la mode ou quoi?

La première fois que mon associée nous a parlé de bienveillance en entreprise – il y a déjà plusieurs années, j’avoue avoir écouté le propos un peu distraitement. Ma chère associée étant une machine à générer des idées, je plaide coupable à l’accusation : « T’écoutais pas » !


Plus tard, je tombe sur un article de la Revue RH, qui parle de leadership bienveillant en citant Peter Drucker. Oups! Ma chère associée avait touché quelque chose (je dois encore plaider coupable : j’ai fait confiance à Peter plutôt qu’à Valérie. Mais, ne lui dites pas).


Continuant mes recherches, je constate qu’il existe une panoplie de publication sur le sujet. Ce qui constitue une façon bien installée de gérer chez ADN-organisations, s’avère être un concept qui s’inscrit dans l’air du temps.


C’est quoi le leadership bienveillant?


« En entreprise, la bienveillance est l’attitude qui consiste à veiller au bien-être de son équipe dans l’accomplissement des projets qu’on lui a confiés » selon Estelle Morin, professeure titulaire au Département de management de HEC Montréal et membre du Consortium de recherche sur l’intelligence émotionnelle appliquée aux organisations, cité dans (Gril, 2021).


Elle ajoute que cela touche la santé et la sécurité, dans ses trois sphères, soit : la santé physique, psychologique et sociale. Conséquemment s’ensuit un climat de confiance propre à l’émergence des idées de tous et donc, à l’amélioration de la performance.


Est-ce que ça signifie de laisser les employés faire ce qu’ils veulent, peu importe ce que ça signifie? La réponse est non. Surtout pas. Au contraire, une des clés du succès d’une telle approche est justement de communiquer avec transparence et de fixer des objectifs clairs et ambitieux (mais, atteignables).


Qui est ce leader?


Ce leader bienveillant possède les attributs suivants : « il est authentique, empathique, lucide, altruiste et généreux » (Mercier & Vallière, 2020). Nous sommes loin du leadership autoritaire encore souvent la référence chez les managers.


C’est plutôt un leadership tourné vers les autres, mais qui est empreint d’une préoccupation des enjeux de l’organisation.


Pourquoi la bienveillance?


Plusieurs raisons militent en faveur de la bienveillance dans les organisations. Des ressources humaines rares et volatiles constituent la motivation qui s’impose d’elle-même. Mais, les bénéfices qui ressortent d’un climat de travail agréable sont multiples, et pourraient se résumer au mot PLAISIR ! Et, tant qu’à passer plusieurs heures par semaine avec des collègues, pourquoi se priver du plaisir d’être ensemble ?


La recette :


Philippe Rodet,[1] propose ce qu’il appelle les 6 commandements du gestionnaire bienveillant :


1 – Donner du sens au travail de chacun

2 – Fixer des objectifs au bon niveau (ambitieux, mais réaliste).

3 - Savoir exprimer sa gratitude et encourager l’équipe

4 – Accorder de l’autonomie et laisser la place à la créativité

5 – Être juste (dans les compliments et les reproches)

6 – Être capable de reconnaître ses erreurs.


Ça vous semble un peu utopique ? Et si la bienveillance était le meilleur engrais pour que se déploient au maximum les talents nos équipes et qu’elle soutienne à la fois mieux leur bonheur ET notre stratégie d’entreprise ? Tout le monde en sortirait gagnant!



Claude Balleux

Accompagnateur stratégique



[1] Philippe Rodet est docteur et auteur de 5 livres, dont le management bienveillant.

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