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Mes pantoufles s’agrippent au plancher — c’est-tu normal ?

  • Photo du rédacteur: Valérie Jacob
    Valérie Jacob
  • 18 mars
  • 4 min de lecture

Pourquoi changer devient plus difficile… même quand on en a envie.


Quand j’étais jeune, changer me donnait de l’énergie.

Aujourd’hui… mes pantoufles s’agrippent parfois sérieusement au plancher.


Après 20 ans d’accompagnement (et 2,75 fois plus dans mes souliers personnels), je réalise une chose qui me surprend encore : le changement, on dit qu’on en veut… jusqu’à ce qu’il arrive.


Et si tu es comme comme moi, tu sais exactement de quoi je parle.


Quand j’étais jeune, changer me donnait de l’énergie.


Je pouvais déplacer tous les meubles du salon juste « pour voir ce que ça ferait », couper mes cheveux sur un coup de tête, renouveler ma garde-robe au complet. Je pouvais aussi changer de projet ou d’emploi, simplement pour apprendre de nouvelles choses.


Une amie m’avait déjà dit que j’avais un méta-programme “aller vers” : une sorte de prédisposition à essayer de nouvelles affaires.


Mais plus les années passent, plus j’ai l’impression que mon cerveau — et mes pieds surtout — aiment mes pantoufles.


Changer demande un élan que je n’ai plus toujours spontanément.

Je n’ose même plus me faire couper les cheveux très courts, même si j’en ai vraiment envie. Juste parce que je me souviens à quel point j’avais trouvé pénible la période pour revenir aux cheveux longs… et le simple souvenir de cette transition tue dans l’œuf mon envie de renouveau.


Alors tu peux t’imaginer comment je me sens quand je pense à un changement plus important. 😩


Je me souviens d’un article que j’ai lu dans Les Affaires il y a près de 20 ans.

L’auteur expliquait qu’il fallait une perspective de gain dix fois supérieure pour que le cerveau accepte réellement de changer.


DIX FOIS!!!


J’ai CAPOTÉ quand j’ai lu ça.


Mais en même temps… tout faisait du sens.

Pas étonnant qu’on dise qu’on ne veut pas « échanger quatre trente sous pour une piastre ».


Et soudain, j’ai mieux compris pourquoi on peut rester longtemps dans une situation — personnelle ou professionnelle — qui ne nous convient plus.


Changer est difficile.


Et c’est pour ça qu’un inconfort connu peut parfois sembler plus sécurisant qu’un changement inconnu… même quand on sait très bien qu’il serait meilleur pour nous.


Avec le temps, l’expérience et… l’âge 😒, on accumule des expériences (pas toutes agréables), des responsabilités, des zones de confort devenues… très confortables, et surtout des façons de faire qui fonctionnent assez pour survivre. Alors pourquoi se donner autant de trouble si ce qui est là « fait la job » ?

 

Ce qu’on a appris sur le changement


Chez ADN, à travers nos accompagnements — mais aussi à travers notre propre vécu — on a constaté que le changement commence presque toujours de deux façons :


soit par un rêve suffisamment stimulant,

soit par un inconfort qu’on ne peut plus ignorer.


Je pense à un dirigeant que j’accompagnais récemment. Son organisation allait « relativement bien ». Pas de crise. Pas de catastrophe. Mais il avait cette impression persistante de courir partout sans jamais avancer vraiment.


Un jour, il m’a dit :

« Je ne sais pas exactement ce qui doit changer… mais je sais que je ne veux plus continuer comme ça encore cinq ans. »


C’est souvent à ce moment-là que le mouvement commence.


Dans les deux cas, une chose demeure vraie : pour se mettre réellement en mouvement, il faut percevoir un potentiel de gain énorme.


Mais il faut surtout un désir profond d’évoluer.


On a aussi appris autre chose : l’inertie est beaucoup plus forte qu’on le pense.

Et pendant que le changement s’opère, il est presque certain qu’on va se sentir, à un moment ou à un autre, comme un bas dans la sécheuse — avec les vertiges de la perte de repères.


Ça aussi, c’est normal.

 

Alors comment traverse-t-on un changement ?


Pour franchir les zones de peur et d’apprentissage, deux types de soutien sont essentiels.


Le soutien cognitif, d’abord. Des processus clairs. Des méthodes simples. Des repères qui disent : « voici par où commencer ». Un peu comme une recette quand tu cuisines un plat que tu ne maîtrises pas encore, ou une feuille de route quand ton équipe démarre un nouveau projet.


Et ensuite, le soutien affectif.

Quelqu’un qui écoute. Qui normalise le doute. Qui t’encourage quand tu avances. Comme ces collègues qui disent : « go, t’es capable ». Ou comme cette petite tape dans le dos qui t’a déjà permis de continuer au moment où tu avais vraiment envie de décrocher.


Les deux sont nécessaires.


Sans structure, on s’épuise. Sans chaleur humaine, on abandonne.


Mais avant tout, il faut quelque chose d’encore plus fondamental : une motivation profonde. Un but — et des raisons de l’atteindre — suffisamment fortes pour maintenir le feu vivant, même quand, en chemin, toutes les « bonnes » raisons de renoncer apparaissent.


C’est ce trio qui permet de combattre l’inertie :


QUOI – POURQUOI – COMMENT


Et qui nous permet de passer

du confort de ses pantoufles…

à sa zone de croissance.


Ou, comme on aime le dire chez nous :

de l’intention à l’évolution.

 

Et toi, qu’est-ce qui est en train de bouger ?


La vraie question n’est peut-être pas :

« Est-ce que je dois changer ? »


Mais plutôt :

Pourquoi voudrais-je changer ?


Qu’est-ce qui pourrait devenir possible si j’y arrivais ?

Et à l’inverse… quel est le coût de rester exactement où je suis ?


Parfois, les réponses ne sont pas encore claires.

Mais il y a souvent un petit signal intérieur qui nous dit qu’il y a quelque chose à faire évoluer. Une idée qui revient. Un inconfort qui persiste. Un rêve qui refuse de disparaître.


Peut-être que pour toi, en ce moment, la réflexion ressemble à ceci :

  • Quel changement attends-tu depuis trop longtemps ?

  • Qu’est-ce qui te retient vraiment : la peur, la fatigue, le manque de clarté ?

  • Et qu’est-ce qui pourrait devenir possible si tu sortais — juste un peu — de ta zone de confort ?


Je n’ai pas toutes les réponses.


Mais après toutes ces années à accompagner des équipes et des dirigeants, une chose me semble de plus en plus claire :


le changement devient souvent possible au moment précis où on arrête d’essayer de tout anticiper… et où on accepte simplement de commencer à bouger.


Même d’un demi-pas.


Parce que c’est souvent ainsi que l’on passe, tranquillement,

de l’intention… à l’évolution.


Valérie

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