La santé psychologique de vos employés, vous y voyez?

Au moment d’écrire cet article, j’avais l’intention de partager les meilleures pratiques pour réduire les risques pour santé et la sécurité au travail, c’est-à-dire comment réduire les dangers à la source. J’ai cependant décidé d’aborder l’éléphant dans la pièce quand vient le temps d’aborder les problèmes de SST au travail. En effet, les problèmes de santé psychologique sont souvent négligés et il peut être difficile de les aborder de front. L’objectif de cet article est de partager 1) certains signes de problématiques psychologiques au travail, 2) le principal facteur de risques pour développer de tels problématiques et 3) certains facteurs de résilience qui permettent de réduire l’impact des risques ou leurs conséquences.


Les problèmes de santé psychologique au travail

Les problématiques de santé psychologique peuvent se manifester différemment chez chaque individu. Il existe certains signes qui, à première vue, sont légers ou marginaux mais qui sont parfois les signes annonciateurs de problématiques plus importantes qui pourraient se développer à long terme. Parmi ces signes, on note la présence de stress à l’extérieur des heures de travail, une fatigue psychologique et physique qui s’installe, ou un faible niveau de bien-être psychologique (insatisfaction, faible motivation, relation négative avec les autres, etc.). Ces problématiques peuvent être des signes avant-coureurs de maladies psychologiques plus invalidantes comme la détresse psychologique, le risque de maladie cardiovasculaire ou l’épuisement professionnel.


Facteur de risque

Selon la recherche, la charge de travail est le principal facteur en lien avec les problèmes de santé psychologique au travail. En effet, les attentes d’un l’employeur envers son employé peuvent avoir un impact sur sa santé psychologique. Voici quelques exemples :


· L’employé doit exécuter un trop grand nombre de tâches dans sa journée de travail

· L’organisation du travail de l’employé ne permet aucun temps mort

· Les attentes par rapport à la qualité du travail d’un employé changent

· Les attentes ou la culture organisationnelle de l’organisation encourage l’employé à faire de longues heures de travail

· L’employé doit être disponible en tout temps ou est constamment dérangé pour répondre aux demandes des clients, des collègues ou de l’employeur

· L’employé est isolé et a peu de contacts humains

· L’employé est en contact avec un trop grand nombre de personnes dans une même journée

· L’employé doit livrer un projet dans un délai très restreint


Facteurs de résilience

Bien que l’augmentation de la charge de travail soit l’un des risques les plus importants pour la santé psychologique, il existe des facteurs de résilience qui permettent de réduire l’impact de ces risques. En voici quatre :


· L’autonomie de compétence est l’occasion pour un employé d’utiliser et de développer ses compétences au travail. Une plus grande adéquation entre les compétences d’un employé et les exigences de sa tâche favorise une plus grande motivation, ce qui renforce le sentiment de réussite, la réalisation de soi et le plaisir ressenti dans son travail.


· La latitude décisionnelle permet à un employé d’avoir un meilleur contrôle sur les risques psychologiques dans son milieu de travail. Par latitude décisionnelle, on fait référence à la possibilité pour un employé d’organiser son horaire de travail, de déterminer comment il exécute ses tâches et d’être impliqué dans les décisions relatives à son travail.


· Le soutien social d’une personne peut avoir un impact sur sa santé psychologique au travail. En effet, une personne qui peut compter sur un réseau sera moins à risque de développer des problèmes de santé psychologique qu’une personne qui n’a pas de soutien social et qui vit de l’isolement.


· La reconnaissance, que ce soit par la rémunération ou tout autre forme de reconnaissance au travail, peut également avoir un impact positif sur la santé psychologique, en agissant comme effet de levier sur la motivation des individus, ce qui les rend plus aptes à faire face à une surcharge de travail.


Conclusion

Pour conclure, afin de veiller à votre devoir d’employeur qui est de réduire les risques pour la santé psychologique directement à la source :

1) Restez attentif aux signes avant-coureurs de problématiques de santé mentale et assurez-vous d’intervenir pour aider les employés qui présentent ces signes.

2) Avant d’apporter des changements importants à la charge de travail d’un employé, assurez-vous qu’il sera en mesure de supporter les différents changements.

Mettez en place des mécanismes qui renforcent les facteurs de résilience



Philippe Levesque, MA

Conseiller en développement des organisations

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