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20 ANS... ET TOUTES NOS DENTS (?)

  • Photo du rédacteur: Valérie Jacob
    Valérie Jacob
  • il y a 3 jours
  • 6 min de lecture

Ce lundi 12 janvier 2026, ADN-organisations fête ses 20 ans.


Si l’on considère que, selon différentes sources (Statistique Québec, StatCan, ISDE, etc.), moins de 25 % des entreprises franchissent le cap des 15 ans, il y a de quoi être fiers.

 

Fiers, Claude — mon associé en amour comme en affaires — et moi, nous le sommes. Absolument. Et sans équivoque. Pourtant… nous n’avons pas (encore) débouché le champagne. Et j’ai dû prendre un moment pour comprendre pourquoi cette réussite, pourtant si évidente, ne m’invitait pas spontanément à la célébration.


L’envers du décor

Quand la fierté cohabite avec la fatigue

Je pensais qu’en arrivant à vingt ans, j’allais ressentir une euphorie simple. Un “wow, on l’a fait!”. Une joie automatique. Et oui, je ressens cette fierté. Vraiment.


Mais je ressens autre chose aussi. Une forme de fatigue qui ne se raconte pas bien en statistiques. Une fatigue qui s’est installée tranquillement dans les recoins : dans le corps, dans la tête, dans le rythme… dans tout ce qu’on n’a pas toujours vu venir.

 

Parce que vingt ans, ce n’est pas seulement un chiffre. C’est le temps que ça prend pour qu’un enfant devienne adulte. Une génération. Et quand on le voit comme ça, ça explique beaucoup de choses!


Une génération, ce n’est pas un long fleuve tranquille. Il y a des poussées de croissance… et des nuits blanches. Des élans… et des replis. Des cernes. Des shutdown. Des moments où il faut s’arrêter pour ne pas s’effondrer. Des moments où l’on continue quand même, parce que les responsabilités n’attendent pas, parce qu’on a des clients, des engagements, une équipe… et parce qu’on a une vision!

 

Et avec tout ça viennent aussi des réalités dont on parle moins : le poids des années, l’obligation de se renouveler sans arrêt, la charge mentale qui s’empile doucement… et cette impression qu’on a porté — longtemps — plus que ce qui paraissait.

 

Parce que vingt ans, ce n’est pas juste vingt années de projets. C’est vingt années de décisions. De responsabilités. De confiance à gagner, puis à regagner. De doutes digérés en silence. D’adaptation permanente. Et même quand ça va bien, ça finit par peser.

 

Et puis, soyons honnêtes, en vingt ans d’entreprise, il y a aussi un facteur qu’on oublie dans les bilans : le corps. Disons que, dans mon cas, la ménopause n’a pas demandé mon consentement pour s’inviter à la fête.

 

Alors oui, on est fiers. Mais on a eu besoin de respirer deux secondes avant de fêter. Parce qu’au fond, ce cap-là n’est pas seulement un point d’arrivée : c’est un miroir.


Et dans ce miroir, derrière la fierté, il y a une question qui monte. Une question simple… et vertigineuse à la fois :

OK. Et maintenant… on veut quoi, au juste?


Le questionnement


Avec les années, les questions changent. Elles se raffinent. Elles prennent plus de place. Elles deviennent plus existentielles aussi.

 

Avec toutes les nouvelles contraintes légales qui touchent désormais même les très petites organisations, on se surprend à se demander : avons-nous la capacité d’y faire face sans nous épuiser?


On se demande :

Est-ce qu’on a fait le tour?

Est-ce qu’on s’amuse encore?

Est-ce que notre jeu, notre manière d’être utiles, notre manière d’accompagner… est encore exactement alignée avec ce qu’on veut apporter au monde?

 

On avance en âge. Et c’est normal que cette réalité arrive dans la réflexion. Il faut commencer à penser à notre prochain chapitre de vie. Pas seulement notre prochain chapitre d’affaires.

 

Et parfois, une question plus brute s’invite. Une question qu’on ne pose pas souvent à voix haute… mais qui, étonnamment, clarifie tout : Et si la vie se terminait aujourd’hui… est-ce que je pourrais dire que j’ai joué à tout ce que je voulais jouer?


Heureusement : les grands bonheurs


Heureusement, il n’y a pas eu que des cernes et des soupirs. Il y a eu des grands bonheurs! Des bonheurs solides. Des bonheurs qui nourrissent. Des bonheurs qui font qu’on est encore là.


D’abord, il y a eu l’équipe. Des employés curieux, intéressés, compétents… et surtout parfaitement alignés avec notre leitmotiv : amour et humour. Certains sont passés plus vite, comme c’est normal dans une petite entreprise. Mais d’autres ont planté leurs racines avec nous. Marie-Ève, depuis près de six ans. Julie, depuis quatre ans. Et ça, ce n’est pas juste “une stabilité d’employés”. C’est une forme de confiance mutuelle, une façon de grandir ensemble, une chance immense.

 

Et puis… il y a eu un bonheur à part. Un bonheur qui touche à l’essentiel : le plaisir de travailler avec notre fille pendant près de sept ans. La voir se développer professionnellement. Lui offrir un cadre bienveillant et soutenant pendant ses études supérieures. Partager le quotidien, les apprentissages, les fiertés… et parfois même les petits stress. Et puis la laisser partir. Je le dis avec une boule dans la gorge : ça ne s’est pas fait sans quelques larmes. J’en ai encore en l’écrivant. Mais aussi avec une fierté immense. Parce qu’elle partait vers de nouveaux défis, dans son chemin. Et dans le fond… c’est exactement ce qu’on souhaite pour tous ceux qu’on aime : qu’ils deviennent libres, forts et alignés.

 

Et il y a eu les clients aussi. Ceux qui nous ont donné nos premières chances. Ceux qui nous ont obligés — souvent sans même le savoir — à sortir de notre zone de confort et à apprendre. Encore. Toujours.


Ceux qui ont été de passage, et ceux avec qui nous avons cheminé plus longtemps. Parfois même encore aujourd’hui! C’est pour eux et grâce à eux que nous sommes là, encore. Et c’est aussi eux qui nous rappellent, année après année, pourquoi notre métier vaut la peine d’être vécu.


Ce qu’on veut célébrer, maintenant


Aujourd’hui, ce qu’on a envie de célébrer, ce n’est pas juste un chiffre rond.


C’est d’abord les bonheurs que je viens d’évoquer : les humains. Les rencontres. Les relations qui durent. Les liens de confiance. On veut célébrer aussi l’expérience qui rentre. Après vingt ans, on peut le dire : les réponses viennent plus vite. Pas parce qu’on sait tout. Mais parce qu’on a vu beaucoup. Parce qu’on a appris. Parce qu’on est tombés, parfois. Parce qu’on s’est relevés, souvent. Et parce qu’on a développé ce flair — cette intelligence du terrain — qui ne s’enseigne pas dans les livres.

 

Et puis… il y a quelque chose qui nous touche profondément : l’appréciation sincère de nos clients.


Ceux qui nous font confiance. Qui reviennent, et qui reviennent encore. Qui parlent de nous. C’est une forme de reconnaissance qui ne se crie pas fort, mais qui pèse lourd dans le bon sens du terme. Une reconnaissance qui dit : vous êtes utiles, vous faites une différence. Et honnêtement… c’est tout ce qu’on a toujours voulu.


Et la suite… notre prochain chapitre


Il me vient une phrase en tête : « Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage. »

C’est exactement comme ça que je me sens.

 

Je sens qu’il y aura une suite. Je sais qu’on va continuer à consolider nos acquis. Mais à l’heure où on se parle… je ne sais pas exactement comment le chapitre va s’écrire.

 

Et c’est correct.

 

J’ai l’impression qu’il me faut continuer à avancer. À marcher sans forcer le scénario. À laisser le chemin se créer sous nos pieds. À rester attentifs aux signes, aux élans, aux envies… à ce qui résiste aussi.


Pour l’instant, la seule certitude, c’est qu’on va prendre le temps de fêter. Pas juste une journée. Pas juste un post. Fêter “pour vrai”. D’une foule de petites manières. On mijote plein de petits trucs à partager avec vous. Et pendant qu’on célèbre, on va aussi observer. Écouter. Sentir. Voir ce qui émerge. Ce qui appelle. Ce qui fait du sens.

 

Parce qu’après vingt ans… on ne veut plus seulement avancer.

On veut avancer juste.

Avec cœur.

Avec humour.

Et avec amour — toujours.

 

Et si je devais résumer ces vingt dernières années en une phrase, ce serait peut-être celle-là :on n’a pas cherché à être parfaits. On a surtout cherché à être vrais.


Vrais avec nos clients.

Vrais avec notre équipe.

Vrais dans nos méthodes.

Vrais dans nos limites aussi.

 

Et c’est probablement ça, le vrai miracle des 20 ans : pas seulement d’avoir tenu… mais d’avoir continué à évoluer. À apprendre. À ajuster. À recommencer. À remettre l’ouvrage sur le métier, cent fois s’il le faut.

 

Et si le prochain chapitre reste flou pour l’instant, c’est qu’on a enfin appris quelque chose d’essentiel :on n’a pas besoin de tout contrôler pour avancer.

 

Aujourd’hui, on fête.

On prend le temps. On savoure. On rit. On se laisse émouvoir aussi.

Et demain… on remettra l’ouvrage sur le métier.

 

Parce qu’après vingt ans, oui, il y a des traces. Comme ces rides qui se sont installées au fil du temps, témoins de ce vécu et — je l’espère — de la sagesse gagnée.

.…Mais il y a encore le feu.

Et surtout, cette envie têtue de continuer à évoluer!

 

20 ans d’intentions… et d’évolutions.



Valérie Jacob, présidente - directrice générale 

Accompagnatrice stratégique &

accélératrice de transformation

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